• POUR UN TERRITOIRE CITOYEN •
Slider

Pour un grand chantier sur la citoyenneté

 

Avec la création du poste de ministre déléguée à la Citoyenneté attribué à Marlène Schiappa, la prise de conscience des enjeux de citoyenneté s’affirme à l’échelle nationale. Selon Julien Goupil, cette fonction engage le gouvernement à l’ouverture d’un grand chantier sur la citoyenneté.

À travers l’histoire, la notion de citoyen est restée vivante. Du citoyen athénien au citoyen français d’aujourd’hui, le statut a bien changé. Le droit de vote accordé aux femmes en 1944 et aux militaires en 1972 est un exemple de cette évolution.

La citoyenneté est un concept qui a su s’adapter aux changements et enjeux sociétaux. L’interroger n’est donc pas une extravagance, mais une exigence. Que signifie être citoyen en France aujourd’hui ? Ce qu’est, mais aussi ce qui fait la citoyenneté, est largement oublié ou ignoré. Un nouveau Pacte citoyen est nécessaire.

 

Une citoyenneté en perte de sens ?

 

 

La République française protège les droits civils et sociaux, ainsi que les libertés. Elle exige la civilité (respect d’autrui et de l’espace public), le civisme (respect des lois et conscience de l’intérêt général) et la solidarité (ouverture et assistance aux autres). Si tous les êtres humains qui vivent légalement sur le territoire français disposent de ces droits et devoirs, la République ne les reconnaît pas tous comme citoyens.

Ainsi, on compte seulement 47 millions de citoyens en France : le critère de majorité écarte environ 14,5 millions de mineurs et le principe de nationalité éloigne 4,8 millions de personnes de nationalités étrangères.

Parallèlement, le citoyen traverse une crise de confiance profonde : en son système, en ses institutions, en ses représentants et parfois en sa propre capacité à agir pour la cité. La défiance à l’égard de la vie politique, l’abstention aux élections, la hausse des incivilités, la baisse de l’engagement local politique, le renforcement des clivages sociaux ou la radicalisation sont autant de situations qui incarnent la perte de sens de la citoyenneté.

Les différents mouvements sociaux, qui ont émergé ces dernières années à la suite de crispations ou de protestations populaires, peuvent apparaître comme les révélateurs d’un réveil citoyen. Celui-ci appelle alors à une meilleure prise en compte des revendications des citoyens ou, a minima, à leur permettre d’être mieux écoutés, de prendre part au débat, d’argumenter et d’exprimer leur point de vue.

 

L’individualisme n’empêche pas le développement collectif 

 

 

De plus, le développement des identités individuelles, animé par de nombreuses revendications sociales depuis la fin des années 1960, ne peut s’opposer au développement collectif : la société doit permettre à chacun de déterminer sa singularité dans un projet collectif.

La reconnaissance du statut de citoyen est une marque de considération qui témoigne de l’appartenance à la nation et invite ainsi l’individu à dépasser ses appartenances personnelles (culturelles, sociales, cultuelles, etc.) pour faire vivre des valeurs communes et fédératrices.

Le début du XXIe siècle semble réaffirmer le besoin d’un renouveau collectif : les crises sanitaire, économique et sociale que nous traversons en sont le catalyseur dans la mesure où elles mettent quotidiennement en exergue des actions d’altruisme et de solidarité.

Face à tous ces enjeux, des démarches de participation active dans la gestion des collectivités locales ont émergé. Les publics sont de plus en plus associés aux décisions relatives à leur territoire. La notion de “démocratie participative” s’est installée partout, si bien qu’à l’école les enfants sont sensibilisés à la participation.

 

Vers un nouveau pacte citoyen

 

 

La technologie, la mobilité ou encore l’ouverture culturelle ont profondément et très rapidement bousculé les pratiques collaboratives. L’expertise tirée de l’expérience du terrain est recherchée et valorisée dans un grand nombre de projets structurants. Mis à mal par les incidents et drames collectifs, le civisme, l’engagement et les valeurs républicaines ont alors été régulièrement invoqués ces dernières années. Dans ce contexte de mutations, il faut réaffirmer un Pacte citoyen.

Il faut le réaffirmer pour soutenir les transitions écologiques, sociales, économiques, pour que la citoyenneté reprenne sens, incarne la notion de collectif et devienne un statut fédérateur, pour rétablir les communs et inviter chacun à s’engager dans une démarche de responsabilité et d’engagement pour faire société.

Ce Pacte citoyen doit rappeler l’engagement, le rôle et la responsabilité de tous les acteurs (citoyens, collectivités, institutions, entreprises, associations, corps intermédiaires, partis politiques, etc.)

 

Quatre principes fondamentaux

 

 

La citoyenneté doit être souveraine : chacun dispose d’une souveraineté dans l’exercice de sa citoyenneté partout et tout le temps. Si la loi fournit un cadre, chaque citoyen appréhende son propre rôle et ses engagements. Cette liberté individuelle s’accompagne de son corollaire : la responsabilité. Chacun est responsable de ses actes, de ses paroles et de sa non-action et de sa non-expression.

Elle doit être partagée : l’individu ne naît pas citoyen, il le devient. La citoyenneté s’apprend et se pratique. Le rôle de l’école à cet égard est crucial, mais encore insuffisant dans son application. Les principes d’éducation populaire sont un moyen de remédier à ces lacunes.

L’aspect inclusif est primordial : il est important de dissocier nationalité et citoyenneté – associer le droit de vote à l’une ou l’autre reste un débat à ouvrir collectivement. Attribuer le statut de citoyen à tous les habitants de France, notamment aux personnes d’origines étrangères, exprimerait une volonté d’inclure chacun et chacune. Cette nouvelle étape pour la nation française poserait des fondations qui s’appuieraient sur un sentiment d’appartenance à des communs.

Elle doit être fabriquée par et dans les communes : la commune est l’espace naturel du citoyen. C’est à l’échelle de la rue, du quartier, du village, de la ville que la citoyenneté se révèle. Nous comptons en France quelque 35.000 communes qui dessinent autant d’espaces de vie, d’interactions, de réflexions et d’intelligences collectives. Fabriques de la citoyenneté, elles doivent être en mesure de composer avec les différents niveaux territoriaux pour faire remonter les réalités et ajuster les décisions publiques.

Compte tenu des enjeux, apportons un souffle nouveau à la citoyenneté et établissons un nouveau Pacte citoyen.

Actualités

Tribune Les Echos

Tribune Les Echos

Revue de presse

Revue de presse

Ministre déléguée

Ministre déléguée

#ManifesteToiCitoyen

#ManifesteToiCitoyen